Exposition "Souffles" de Béatrice Bescond, Galerie des Beaux Arts

Galerie des Beaux Arts, 11 Rue des Beaux Arts. Paris 6ème

Du 14 au 25 mars 2000

Les anges soufflent beaucoup. Gonflant leurs joues, ils soufflent sur les nuages pour les dissiper, ou dans des instruments à vent pour émettre des sons qui, pour être inaudibles, n’en sont pas moins visibles.
Synonyme de vie, le souffle yin-yang, gonfler-dégonfler rend, si l’exercice est répété, complètement ivre. Le monde, chaviré, ne tient plus qu’à un fil, celui du souffle. Qu’il s’arrête et voilà l’ordre du monde compromis. En parlant de création continuée, Descartes pensait-il qu’elle se soutient d’un souffle et que son rythme palpitant, loin d’être soumis aux dictats d’un dieu ( il doit ressembler à une machine à répétition ) se nourrit seulement du souffle des anges ?
Peut-être craignait-il de le dire, par peur d’être accusé de légèreté.
Mais il n’y a rien à craindre, les anges soufflent en permanence. Tantôt sur les vivants pour les faire bouger, tantôt sur les morts, pour en garder le souvenir.
Quand l’ange passe, toujours soufflant, un léger silence l’accompagne, comme l’ombre douce suit immanquablement la lumière...

Anne CAUQUELIN,
in Le voleur d’anges, L’Harmattant, 1997





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